
Samedi dernier (20 juillet 2026), je suis allée assister à l’un des concerts gratuits que la MAIRIE DE MARSEILLE offre, pendant tout l’été, à ses habitants – et aux voyageurs de passage.
J’étais allée écouter JULIEN CLERC, pour le concert d’ouverture de cette série. Et samedi, sans rien connaître des artistes annoncés, je suis partie au concert, car j’aime bien découvrir de nouveaux artistes, et de nouveaux univers musicaux.
MOUH MILANO, DJ KORE – RAÏ’N’B FEVER FEATURING AMINE BABYLONE
annonçait l’affiche. Cela ne vous dit rien non plus ? Mais j’aime bien le Raï, et le RnB, et je suis donc partie au concert.
Quelle soirée ce fut !!! MOUH MILANO, dont je n’avais jamais entendu parler, est apparu sur scène, a entamé sa première chanson, et la foule entière, sur-excitée dès les premières minutes, a chanté avec lui : tout le monde connaissait les paroles par coeur, et seuls quelques-uns et quelques-unes les lisaient sur leur téléphone.
« Machafohach » : « Ils ne l’ont pas vue », je comprenais le refrain de cette chanson, mais pas toutes les paroles, car je comprends l’arabe libanais, égyptien et tunisien, mais pas l’arabe algérien. Et suivirent d’autres chansons tout aussi célèbres pour le public, qui a chanté presque pendant tout le concert, comme il en va des concerts brésiliens aussi, où la foule adore chanter avec l’artiste !
En deuxième partie, AMINE BABYLONE, tout aussi populaire que son prédécesseur, est venu chanter des chansons d’amour, dont pareillement tout le monde connaissait les paroles. « Latin Lover » algérien, amoureux transi dans ses chansons, qui nous rappelle que ce sont les Arabes qui ont inventé la chanson d’amour, passée en Occident au Moyen-Âge, à l’époque de l’Espagne (et du Sud de la France) arabes, via les Troubadours.
Le public était composé à plus de 90% de Marseillais-Algériens ou Marseillais-Maghrébins, autant que je pouvais juger d’après les visages et les mises :
- t-shirts vert foncé de l’équipe de foot algérien, marqués « Algérie » ou « Algeria » – avec parfois un collier de fleurs bleu-blanc-rouge en cette période de Coupe du Monde de Football, double identité totalement assumée ;
- femmes voilées venues en nombre, mères de famille respectables voire grand-mères d’un âge honorable, tout aussi excitées que le reste du public car le voile n’empêche pas de chanter et de rire, n’en déplaise à ceux qui l’ignorent ;
- enfants en nombre car on aime sortir en famille au Maghreb et au Moyen-Orient, même le soir, fillettes vêtues de robes roses à paillettes imprimées de la Reine des Neiges de Walt Disney, garçonnets les cheveux coupés courts et nets et habillés de frais ;
- et même bébés en poussette, ou cajolés dans les bras des parents, un casque anti-bruit sur les oreilles pour certains.
À ma droite, deux copines, algériennes, la petite quarantaine, t-shirts à bretelles et dos nus, dansaient avant même le concert, sur les musiques – algériennes – diffusées pour nous faire patienter.
A ma gauche, un couple âgé, plus de 65 ans chacun, elle voilée lui la silhouette mince, en jeans et t-shirt et lunettes de soleil stylées.
Derrière nous, une foule compacte, dans laquelle se distinguaient les jeunes filles voilées abondamment maquillées, fond de teint appuyé et faux cils d’un à deux centimètres, pour aguicher les garçons malgré tout.
Au total, j’ai passé une soirée formidable, immergée dans la communauté algérienne, et peut-être aussi maghrébine, de Marseille. Quelle ambiance ! Qui m’a rappelé mes années en Egypte, mes années en Tunisie….
Pays arabes qui sont terres de la JOIE DE VIVRE, comme le savent tous ceux qui ont vécu dans ces pays – y compris et d’abord les Français d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, d’Egypte, du Liban, etc. Et non de l’islamisme triste, comme nous le font croire les médias et la propagande politique.
Et quelle excellente initiative, de la part de la MAIRIE de la 2ème plus grande ville de France, d’offrir un concert gratuit, de deux immenses vedettes algériennes, comme Internet me l’apprendra le lendemain !
Et pendant le concert je pensais : du temps de l’Algérie coloniale, pareillement la foule des Français d’Algérie devaient se presser, excités et heureux, lorsque venaient donner un concert une Edith Piaf, un Charles Trenet, un Maurice Chevalier ?
Et je pensais aussi : cette émotion du public, serait la même, si un/e artiste libanais de renom se produisait, devant un public qui serait, alors, majoritairement de Libanais de France…
Et je pensais aux fêtes brésiliennes, colombiennes, vénézuéliennes de Marseille, de Paris, et d’autres villes de France…
J’aime les rassemblements musicaux qui réunissent les membres d’une communauté culturelle : car alors se vit pleinement la JOIE de cette culture. La joie d’être réunis, et de vivre un moment heureux ensemble.
L’été en France, riche en festivals et en concerts, nous offre bien des occasions de passer de merveilleuses soirées, voyages aller-retour vers d’autres pays, le temps d’une soirée…
Voilà une politique culturelle simple, et peu coûteuse, pour « intégrer » les étrangers en France : organiser des concerts de musique. La musique, vecteur de paix car vecteur de joie : c’est tout simple !
Nadia Khouri-Dagher, Nadia Khouri-Dagher, reporter-écrivain, au-coeur-du-monde.com
Photo N. Khouri-Dagher
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Bonus-Track :
MOUH MILANO : 4,4 millions d’abonnés sur sa chaîne Youtube, plus d’un million d’abonnés sur Instagram. Regardez le clip de chanson « Machafouhach », autobiographique sans doute : une enfance pauvre, de l’eau qui fuit du plafond, un gamin qui vend des galettes de pain et des cacahuètes dans la rue pour survivre, un père qui meurt trop tôt, un quartier misérable. Puis la réussite… fragile toujours, nous rappellent les paroles de la chanson :
« J’ai passé mon enfance dans la rue
Je n’avais rien du tout
Mais ce n’est pas encore fini
(…)
Ils n’ont pas vu ça, ils ne l’ont pas vu
Un début difficile et on n’avait rien du tout
Ils n’ont pas vécu ça, ils ne l’ont pas vécu
Un passé noir qui ne s’oublie pas «
Voir le clip : https://www.youtube.com/watch?v=m0_SMiOecko
AMINE BABYLONE : 35 millions de vues pour sa chanson « Choufou l’amour », qui déchaîna la foule lors du concert. Chanté en francalgérien, langue de bien des Algériens, qui restent bi-culturels même lorsqu’ils vivent là-bas : car dans les paroles en arabe s’immiscent des mots français. « courage », « otage », « l’entourage », « attaché lik » (attaché à toi), etc.
Voir le clip : https://www.youtube.com/watch?v=yxy8SxbLVBQ&list=RDyxy8SxbLVBQ&start_radio=1
Coucou à :
Mouh Milano , Amine Babylone , Mairie De Marseille , Ville de Marseille , Cité de la Musique de Marseille , Marseille Jazz des cinq continents , Algerie 24 , Algerie360.com , Canal Algérie , Ambassade d’Algérie en France , Daiffa Daiffa , Leïla Bousnina , Aziza Darghouth , Alya Azzouz , Hatem Bourial
