Festival Marseille Jazz des Cinq Continents, du 1er au 12 juillet 2026

Awa Ly est une magicienne. Une chamane. Qui utilise la musique, et sa voix, pour communiquer avec le ciel, la terre, le feu, l’eau, mais aussi avec nous les humains.
Nous l’avons découverte hier soir Jeudi 9 juillet (2026), en concert dans le cadre du Festival Marseille Jazz des Cinq Continents. Un festival, qui pour sa 26ème édition, comme pour les précédentes, sait nous surprendre, en nous offrant des artistes et des groupes aux chemins singuliers, des pépites encore peu connues du grand public.
Awa Ly est de ceux-là. L’artiste est arrivée sur scène, vêtue d’une ample robe fluide couleur bleu-nuit-claire-étoilée, ou bien bleu-eau-de-rivière-qui-scintille, tenant un grand tambour haut au-dessus de son épaule, et faisant naître un son sourd et grave, de ces sons que les chamanes, de tous continents, créent pour convoquer les esprits…
Ce premier titre était un hommage à Gaïa, la Terre-Mère. De la part d’une reine-magicienne, car Awa Ly a une stature de reine sur scène, avec sa silhouette mince et élancée, ses gestes amples et gracieux, des bras, des mains et jusqu’au bout des doigts, gestuelle d’une artiste habitée par la musique.
L’artiste, qui est autrice-compositrice, nous a ainsi offert quelques-uns des chants en hommage aux 4 éléments – terre, eau, air et feu – tirés de son dernier album, « Essence and elements », paru en 2025. Chansons en anglais ou en français, car Awa se veut universelle, elle qui est née en France de parents sénégalais, et qui vit à Rome à présent.
Et c’est la VOIX de l’artiste qui nous a envoûtés : une voix grave et profonde, qu’elle sait faire descendre dans les registres les plus bas, à la manière les plus grandes voix noires du jazz féminin, une voix qui s’envole vers les nuages, ou bien nous enveloppe, nous le public, telle un souffle bienfaisant, une voix qui murmure ou qui crie – par exemple sa révolte devant une planète et une Nature qui souffrent sous la main des hommes.
https://www.youtube.com/watch?v=Qi8SoJphgag&list=RDQi8SoJphgag&start_radio=1
À ses côtés, des musiciens-complices, qui jouent les choeurs aussi, car en Afrique le chant est collectif le plus souvent : JEAN-BAPTISTE SOULARD à la guitare électrique, Ismaël Nobour à la batterie, et l’artiste a choisi de faire une place toute particulière au violoncelle, qui sous l’archet de Lucie Cravero, devient un partenaire de chant à part entière, dialoguant avec la voix sur les mêmes lignes mélodiques. Violoncelle qui est un instrument à la fois ancré dans la terre par ses sons graves, et qui s’envole au ciel par ses arabesques parfois…
En plein air au PARC HENRI FABRE, dans la nuit d’été de Marseille, ce fut un concert magique, qui a subjugué un public envoûté. Awa Ly est magicienne, je vous l’ai dit…
Nadia Khouri-Dagher – n.khouri AT orange.fr
@awalymusic – www.marseillejazz.com
Écouter son album « Essence and elements » :
www.youtube.com/watch?v=sIXTX8I7npo&list=RDsIXTX8I7npo&start_radio=1
Photo N. Khouri-Dagher
