
Soirée de délire hier soir à la SEINE MUSICALE, à Paris, pour le concert des GILSONS, ce groupe constitué autour du fils José, et de deux petits-fils – Francisco et Joao, – de GILBERTO GIL, l’icône brésilienne de la chanson (née en 1942).
Le concert se déroulait dans l’auditorium, petite salle de 1.200 places. Mais la salle était constituée en majorité de Brésiliens de Paris, qui ont mis une ambiance du feu de Dieu dans la salle : après 4 ou 5 chansons, quelques-uns et surtout quelques-unes se levaient pour danser, et à la fin du concert, la salle entière était debout, en train de danser, de « balançar », certains chantant en même temps que le groupe, leurs chansons, preuve à elle seule de la popularité des Gilsons au Brésil, groupe né en 2018 seulement.
Sur scène donc, trois jeunes gars, la trentaine, le look urbain décontracté mondialisé des garçons de leur génération, pantalons larges, débardeurs ou large chemise, petit bonnet sur la tête ou coiffure afro.
Trois gars maniant guitares électriques ou basses, dansant nonchalamment en même temps qu’ils chantent ou jouent, partant saluer le percussionniste – Ricardo Guerra – et dansant devant lui, ou bien alors le trompettiste – Juninho (il y avait aussi un claviériste, soit au total 6 musiciens), lâchant leur guitare pour taper des rythmes sur l’agôgô, cette percussion brésilienne qui consiste en 2 cônes allongés de métal, bref « s’éclatant » à faire leur musique, heureux et décontractés, ce qui se transmettait évidemment au public, ravi !
On est très loin de la Fille d’Ipanema et des paroles susurrées en chuchotant presque par la génération bossa-nova des années 60, génération des grands-parents : Vinicius de Moraes, Toquinho, Carlos Jobim et consorts. Avec les Gilsons c’est toute l’énergie du rock, exprimée par les riffs de guitares électriques, qui est convoquée ici. Et aussi le lent balancement du reggae, devenu symbole musical des générations cool et socialement engagées.
Mais la samba et la bossa-nova sont toujours là, dans les rythmes, et les paroles aussi : « bate coraçao » (coeur qui bat), « alegria » (joie), « madrugada » (aube), et autres mots et expressions que l’on trouve peu dans la chanson française, et encore beaucoup dans la chanson brésilienne d’aujourd’hui, qui reste donc sentimentale, même accompagnée de guitares électriques, même avec des pantalons larges, un bonnet sur la tête ou une coiffure afro…
Et l’engagement politique du patriarche s’est fait rappeler hier soir, car Gilberto Gil n’était pas engagé dans ses chansons uniquement : il fut aussi conseiller municipal de sa ville natale, Salvador de Bahia, puis Ministre de la Culture dans le premier gouvernement Lula, de 2003 à 2008, devenant ainsi le 2ème afro-brésilien à entrer dans un gouvernement dans ce pays (après le footballeur Pelé en 1995). (Il y a encore du chemin pour les afro-descendants au Brésil…:(((( )
Car à la fin du concert, la foule scandait « Lula, Lula » : les élections présidentielles, qui opposent Bolsonaro fils cette fois-ci, à Lula, ont lieu dans quelques jours, dimanche prochain 25 octobre 2026….
Nadia Khouri-Dagher – n.khouri AT orange.fr
