
Nous avions beaucoup aimé le premier album du trio Douar, paru en 2019, « Medialuna » (La Curieuse) (https://www.babelmed.net/fr/article/muzzika-algerie-france-douar-trio-douceur-interiorite-et-voyages), et avec ce deuxième album, « Tymen » (La Curieuse), ce jeune groupe de jazz s’affirme décidément comme l’un des plus inspirés de la scène musicale française !
Dès les premières minutes du disque, un univers sonore tout à fait singulier nous happe. La clarinette basse au son si doux dessine de douces arabesques, cependant que les notes graves de la contrebasse viennent rythmer sourdement la mélodie de l’instrument à vent, bientôt rejointe par le chant du violoncelle.
Le ton est donné : nous sommes dans un univers baigné de douceur, dans un dialogue étonnant entre trois instruments, chacun mis en valeur tour à tour dans les compositions de tout l’album, dialogue harmonieux aussi entre nos trois complices musiciens : FLORENT HERMET à la contrebasse, PIERRE LORDET aux clarinettes et CLÉMENT PETIT au violoncelle. (Dans leur premier album, Douar incluait le ‘oudiste algérien RABAH HAMRENE à la place de Clément Petit, ‘oud et violoncelle étant parents dans les sons graves).
Ecouter « Pluie », composition hypnotique :
La musique que nous entendons, au fil des morceaux, est tout à fait in-ouïe, au sens littéral : des combinaisons neuves de sons, de notes, et de silences aussi, qui signent ce que l’on nomme tout simplement de la CRÉATION musicale. Et c’est exactement ce qui distingue les grands artistes : aller plus loin dans l’invention musicale, défricher de nouvelles terres, oser de nouvelles expériences. Et l’on pense au quartet PEIRANI/SEGAL/SISSOKO/PARISIEN, pareillement défricheur de sons et créateurs d’atmosphères nouvelles.
Certaines pièces sont graves, mélancoliques et déchirantes ; d’autres font danser le violoncelle à la manière d’un violon meneur de bal ; d’autres invitent le poète DANIEL PÉAN, leader du groupe LO’JO, nos trois mousquetaires devenant ainsi quatre. La musique de DOUAR respire les grands espaces, la steppe, les nuages et le ciel, inspirations venues de loin, et de contrées imaginaires aussi.
Douar signifie « village » en arabe, et « terre » en breton, mais c’est le monde entier que l’on entend chanter ici. Des mélodies douces et réconfortantes, un univers feutré et tendre, dont nous avons diablement besoin, par les temps qui courent, de fureurs et de guerres…
Un grand bravo aux musiciens de DOUAR, qui, forts de leur centaine de concerts passés, s’apprêtent certainement avec cet album, à faire le tour du monde en vrai, de concert en festival…
Comme le précédent, l’album est produit par le collectif LA CURIEUSE, dans la DRÔME :
Nadia Khouri-Dagher – n.khouri AT orange.fr
